EAMAU : Cérémonie de remise de diplômes. PDF Imprimer Envoyer
23 Avril 2010
LE MINISTRE CISSE IBRAHIMA :«  LA COTE D’IVOIRE DOIT APPORTER SON SOUTIEN A L’EAMAU »
 
La cérémonie de remise de diplômes à des étudiants ivoiriens, formés à l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU), s’est tenu le jeudi 22 avril 2010 au cabinet du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. La première du genre pour les diplômés ivoiriens des institutions inter-états, cette cérémonie a été l’opportunité pour la tutelle de faire sortir de l’anonymat et porter à la connaissance des autorités et de la population, les résultats encourageants qu’elle enregistre et les difficultés auxquelles sont confrontés ses diplômés.

« Je m’engage à rétablir la situation des techniciens supérieurs en gestion urbaine quant à leur recrutement à la fonction publique à l’instar des étudiants de l’institut polytechnique de Yamoussoukro… » Tel est la promesse faite par le Ministre aux étudiants de l’EAMAU qui réclame leur insertion professionnelle dans cette institution de la république. Également, il n’a pas manqué de faire son mea-culpa  quant aux difficultés financières que rencontre l’école inter-état dans le recouvrement des arriérés des subventions des Etats membres.
 
Dans son intervention  le Professeur ABOUATTIER Edmée, directrice générale de l’enseignement supérieur, a  rappelé la place prépondérante qu’occupe  l’EAMAU dans la production de nos ressources humaines qualifiées et compétentes dans le domaine  de l’architecture  et de l’urbanisme. Quant au Dr Kouadio, Directeur Général de EAMAU a rappelé l’historique de cette grande école inter- Etats et en a donné les grandes perspectives. Au nom des diplômés, Mlle BEUGRE Angèle a confirmé la qualité et la rigueur de la formation qu’ils ont reçues, et qui leur donne les capacités requises pour le métier qu’ils sont appelés à exercer.
 
Le Ministre CISSE Ibrahima , au cours de son allocution a tenu ce qui suit : 
«   en effet, si nous nous replaçons au niveau de la côte d’ivoire, en tant qu’Etat membre, qu’attendions nous de cette grande école, en participant à sa création, à son fonctionnement, et en lui confiant nos formations ? Quel était le bénéfice politique qu’en escomptait notre pays, comme tous les autres Etats membres ?  Quelle contribution les diplômés de l’EAMAU étaient censés apporter aux questions du développement de la côte d’ivoire ?
toutes ces questions  spécifiques se réfèrent à la grande problématique de l’urbanisation de la côte d’ivoire, et de l’Afrique indépendante ; elles démontrent de façon éclatante le fantastique esprit d’anticipation de nos premiers chefs d’Etat, qui ont eu l’idée de mettre en place cette école, en mutualisant leurs besoins et leurs ressources.
Aujourd’hui tous les planificateurs et économistes sont confrontés au problème de la  ville en Afrique, de la maitrise des questions de gestion urbaine, d’urbanisation et d’architecture.
Abidjan en est un parfait exemple : de 1950 à 1970, la ville n’avait même pas 500 000 habitants. La courbe de croissance de la démographie urbaine a ensuite pris un mouvement exponentiel entre 1970 et 1990 pour atteindre  aujourd’hui, (même en excluant la population flottante des déplacés de guerre) près de 5 000 000 de personnes ; la ville étend maintenant sa tache  urbaine sur plus de 40 000 hectares , au gré des opérations de promotion immobilière publiques et privées.
Cette croissance urbaine effrénée, on l’observe également dans toutes les villes et les chefs lieu  de préfecture.
Oui, il est aujourd’hui évident que la ville est le principal lieu de l’économie, formelle ou informelle, le lieu de création de richesse, à l’échelle du citoyen, de sa famille, mais aussi au niveau de l’Etat. Mais sa capacité à créer  une valeur ajoutée appréciable, dépend de son attraction qui  elle-même  est tributaire de son image !
L’image de la ville, l’image du pays, la qualité de la vie qu’on y trouve, sont des catalyseurs et des facteurs favorables, dans l’entendement des investisseurs  du monde entier.
Si donc nous voulons que nos villes, en grandissant si vite, restent belles, propres, coquettes et attirantes, nous devons encourager l’intervention des spécialistes : c’est le métier des urbanistes et des architectes de concevoir, de construire et d’aménager les cadres de vie de manière agréable, fonctionnelle, esthétique ;
L’EAMAU est aujourd’hui  la seule école en Afrique de l’ouest et du centre à proposer des formations et à produire des ressources humaines de qualité dans ce domaine.
Je voudrais, ici, que nous joignions les efforts de nos département respectifs autour de l’EAMAU : afin d’assurer la formation des jeunes ivoiriens  puis de les recruter, ou, à tout le moins, comme l’a dit notre brillante diplômée, «  mettre ces jeunes diplômés au pied du mur », en leur ouvrant des perspectives d’emploi, avec les autres ministères et  avec les associations professionnelles.
La Côte d’Ivoire doit continuer à apporter son soutien à cette  grande école inter-Etats, à nos jeunes qui y sont en formation, à notre compatriote élu pour la diriger : en d’autres termes, pour parler vrai, nous devons continuer à payer les bourses d’études, ainsi que la contribution de  notre pays à l’EAMAU.
Aujourd’hui ces jeunes sont confrontés à des arriérés de paiement pour leur bourse, ce qui est vraiment délicat quand ils étudient à l’étranger. De même les arriérés de paiement à l’EAMAU sont en croissance et ont passé aujourd’hui le cap des 350 millions de francs CFA, soit plus de fois la contribution moyenne annuelle.
Je voudrais ici, cependant, rassurer le directeur général et les étudiants en formation, que nous déployons  d’énormes efforts pour résoudre ces problèmes de paiement. Le ministre des finances est saisi  et nous espérons que très vite, une solution sera trouvée.
Je voudrais à présent féliciter nos diplômés : comme vous l’avez dit vous-mêmes, jeunes hommes et dames,  vous êtes au bout d’un parcours et au commencement d’un autre. Moi j’ai la conviction qu’avec  le moral  de gagneur que vous avez acquis à l’EAMAU, vous serez  toujours capables de vous forger un destin intéressant. Car, à  la différence de beaucoup, vous ne considérez pas le diplôme comme une finalité, mais plutôt comme une compétence à valoriser. La Côte d’Ivoire est fière  de vous, de vos résultats et de votre esprit citoyen ; vous auriez pu, comme d’autres avec une telle qualification, rester à l’étranger, pour monnayer vos compétences, mais vous êtes revenus, et certaines d’entre vous ont déjà trouvé du travail. Toutes mes félicitations.
La Côte  d’Ivoire est aussi reconnaissante à vos familles respectives, surtout celles qui ont dû se priver pour payer vos longues études : mesdames et messieurs parents et parrains, merci de vos efforts pour ces jeunes ivoiriens.
Je ne peux terminer sans féliciter à mon tour le directeur général de l’EAMAU.
Je le connais bien, depuis quelques années, et je sais comment sa mission est difficile au Togo, et comment il se bat depuis qu’il est à la tête de l’EAMAU.
Nous lui apportons tout le soutien de l’Etat de côte d’ivoire, chaque fois que cela est nécessaire, et reste, comme le voulons, toujours sur des chemins de réussite. »

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